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Une
traversée de l'art
Tout artiste privilégie une traversée éternelle, celle de la
transhumance de la vie, et celle de la transcendance de l'art, celle des moments infinis
et des circonstances personnelles et créatrices. Il n'y a pas de finalité. La
fascination des petites et grandes mythologies de chacun demeure. Les seules, qui, en
vérité, soutiennent l'être humain. Concevoir une traversée de l'Orénoque à la Seine
pourrait être, en évoquant Cézanne peindre, "ces sensations confuses qui nous
habitent depuis notre naissance", les élucider, les définir et enfin les traduire
en situations construites et merveilleuses.
Ces sensations sont une grâce révélatrice qui communique avec le
visible et l'invisible dans le frémissement de l'expérience vécue, perçue et
assimilée par l'univers sensible du regard et de la pensée. Dans ce contexte, pour un
artiste comme Ismael Mundaray, l'inné et l'acquis lui ont offert d'évidentes images
visuelles qui agissent sur le corps visible de la peinture en laissant des signes situés
au-delà de ce que l'on peut voir. |
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Par sa pratique, basée sur
l'accomplissement des transparences des organisations chromatiques, l'artiste parvient à
cet au-delà. Il oriente son travail depuis l'intérieur de la toile vers la superficie
plastique en les transformant en fonds apparemment vides. Son
travail est une oeuvre figurative où l'objet est présenté avec toutes ses
particularités. Il occulte plus qu'il ne dévoile, provoquant, ainsi une interprétation
inédite, qui maintient la relation entre l'idée abstraite et la présence figurative. |
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"La maison comme symbole du
véhicule entre notre monde imaginaire et la réalité". Les objets de cette maison sont expression de solidarité, d'affect et de vie
commune. C'est une constante dans la peinture de Ismael Mundaray.
Dans la série Traversée, la maison est l'espace imaginaire
qui contient les objets de la vie domestique et quotidienne : chaussures, assiettes, lit,
cruches parlent visuellement de la présence humaine absente. Une présence qui existe
invisible d'où émerge le souffle vital.
On sent et on ressent leur présence comme celle des
fantômes/fantasmes qui accompagnent en permanence.
Les grands espaces vides expriment cette carence.
Bélgica Rodríguez
Critique d'Art
Ex-présidente de l'Association Internationale des Critiques dart (A.I.C.A.)
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